Graphiste,
qui es-tu ?

Révélations, scoops et questions existentielles

Annoncer qu’on est graphiste quand on vous demande ce que vous faites dans la vie donne souvent lieu à une palette de réactions étonnantes, de l’enthousiaste “Wow, super !” au plus circonspect “Et on peut en vivre ?”. Relevons tout de même un petit paradoxe au passage : un boulanger ne susciterait probablement pas cette dernière question.

Le mystère de l’homme invisible

Et pourtant, à longueur de journées, qu’il s’agisse de consulter internet, de parcourir un magazine, de chercher son chemin, de jeter un œil à un catalogue, de choisir un film ou un disque, chacun passe, sans en avoir conscience, infiniment plus de temps à “consommer du graphisme” qu’à se nourrir de pain ! Ce qu’on a en permanence sous les yeux finit souvent par devenir invisible.

Lorsque la conversation se prolonge, les choses sérieuses commencent. “Mais en fait, tu fais quoi exactement ?”.

Il me faut alors expliquer (plus ou moins habilement selon les jours) que non, je ne suis ni jongleur, ni poète, ni ménestrel. À vrai dire, ce métier s’avère de plus en plus délicat à définir, tant il est devenu polyvalent. C’est d’ailleurs ce qui fait son intérêt selon moi, mais aussi ce qui le rend si insaisissable pour beaucoup.

Un graphiste est-il un artiste ?

Même si quelques nuances seraient à apporter, la réponse est non. Le rôle d’un graphiste, au quotidien, est de se mettre au service d’un client, de son projet et de son besoin. Il ne crée pas dans le but de “s’exprimer” ni de produire une œuvre. Son point de départ n’est pas son “inspiration” mais sa réflexion. Il répond à un brief, à un cahier des charges, à une problématique, à une demande. La majeure partie de sa journée est consacrée à gérer des contraintes d’ordre technique, celles du print, celles du web, parfois les deux. Il s’agit de faire preuve d’une rigueur que peu de gens soupçonnent.

Reste que derrière cet aspect technique méconnu, existe également une part de travail assez impalpable. Un graphiste sait quand une affiche ou un logo fonctionne ou ne fonctionne pas. Parfois il est en mesure de l’expliquer, d’autres fois un peu moins. Ce regard est avant tout fondé sur des connaissances concrètes étayées par une expérience acquise au fil des années.

Cette zone particulière du métier qui mélange savoir et intuition est souvent confondue avec la subjectivité. D’où parfois quelques malentendus entre un graphiste et son client, qui ne parleront pas toujours exactement la même langue. Dans la mesure où chacun est doté d’une subjectivité, certains vont jusqu’à se convaincre que tout le monde pourrait être plus ou moins graphiste… avec les conséquences désastreuses que l’on connaît.

Répondant à des enjeux bien concrets et à une demande extérieure, le graphiste n’est pas un artiste. Nous parlons plutôt de “créatif”, ce qui est plus représentatif de ce cocktail si particulier.

Un graphiste est-il un informaticien ?

Là encore, la réponse est non. Certes, depuis longtemps déjà, le graphiste utilise l’ordinateur comme outil de travail, souvent de façon intensive. De plus, une partie importante de ce monde si mystérieux de la création graphique se consacre désormais au web design. Voire, pour les plus polyvalents, à la réalisation de sites internet à proprement parler, développement compris. Il a bien fallu acquérir un certain nombre de connaissances en la matière. Comprendre comment fonctionnait internet, ce qu’était un serveur, une base de données, comment se construisait un document HTML, un fichier CSS, etc. La proximité avec nos amis informaticiens (qu’on appelle plutôt développeurs aujourd’hui) s’est encore accrue. Le numérique n’est plus seulement notre outil mais également couramment la destination de notre travail. Voilà qui a de quoi créer de sérieuses ambiguïtés.

Plus pernicieux : cette confusion entre graphistes et informaticiens implique également une tendance commune à réduire un métier à l’outil qu’il utilise. Ainsi, pour beaucoup, “connaître Photoshop” vous transforme en graphiste. Certaines formations utilisent d’ailleurs cet angle d’attaque et font de vous un graphiste “en 15 heures”. Ce qui constitue, j’en conviens, une sacrée performance. Loin de moi l’idée de minimiser l’intérêt d’un outil aussi riche et puissant que Photoshop, pour ne citer que lui. Mais, une fois encore, il ne s’agit que d’un outil. Il est probable qu’annoncer des formations à la typographie, aux règles de composition, à la langue française, à la colorimétrie, aux techniques d’impression, s’avérerait moins vendeur.

Autrement dit, l’acquisition d’une clé à molette ne fera jamais de moi un mécanicien automobile. Tant que je ne connais pas parfaitement chacune des pièces qui constituent un moteur, mon outil ne m’est pas d’une grande utilité. Pire, je risque fort de faire plus de mal que de bien.

Prenons un peu de recul. Il y a seulement 30 ans, internet n’existait pas, du moins pour le grand public. Quant aux ordinateurs personnels, ils n’en étaient encore qu’à leurs balbutiements. Et pourtant, phénomène étonnant, les graphistes avaient déjà leur place. Ils maniaient les images, les typographies, les couleurs. Ils œuvraient déjà dans la publicité, le monde de l’édition, le design. Il créaient des affiches ou des pochettes de disques dont certaines ont marqué durablement les esprits. Avec le temps, les outils changent, les supports évoluent. Les fondements de la discipline, eux, restent sensiblement les mêmes.

Voilà en quoi un graphiste n’est pas un informaticien. Voilà aussi pourquoi ceux qui confient leur communication internet à un développeur commettent une grave erreur. Ils confondent en quelque sorte la compétence et l’outil, le contenu et le contenant. Si vous avez vraiment le goût du risque, allez donc “boire un verre” en leur compagnie.

Mais alors, graphiste, qui es-tu ?

Si je devais donner une définition ultra succincte de mon métier, je dirais tout simplement que le rôle du graphiste est de rendre un message le plus lisible et accessible possible. Ce qui peut certes convoquer la notion d’esthétique, mais pas uniquement et rarement de manière prioritaire.

Beaucoup restent convaincus qu’on fait appel à un graphiste quand on souhaite “faire joli”. L’étape suivante de cette croyance étant d’ailleurs régulièrement “qu’on peut très bien s’en passer car nos clients n’ont pas besoin de ça”, mais c’est un autre débat.

Le chaos, un bon début

Après cette définition très générale, voici par ailleurs un éclairage qui m’est plus personnel, issu non seulement de ma pratique sur le long terme, mais également le reflet de ma manière de travailler. En effet, en prenant du recul, j’ai réalisé que la majorité de mon travail – print ou web – consistait en une sorte de tri permanent, ceci quasiment à chaque étape. Appelons ça de la hiérarchisation de l’information pour être plus élégant.

Lorsque j’opère seul sur un projet, ce qui constitue la majorité des cas, la première hiérarchisation est d’ordre sémantique et stratégique. Je reçois un grand nombre d’informations de mon client et souvent… je lui en demande encore plus ! Quand il me rencontre, beaucoup de choses sont importantes à ses yeux. Bien sûr, le nom de l’entreprise qu’il veut créer – il a astucieusement mixé le prénom de ses trois enfants. La formule à destination des seniors qu’il compte mettre en place d’ici trois mois. Le positionnement tarifaire des produits qu’il propose. Les motivations personnelles qui l’ont poussé à se lancer dans son activité. La partie de son offre qu’il compte développer en priorité. Le futur changement d’adresse qu’il envisage. La liste est longue.

Puis, en échangeant un peu plus avec lui, j’en apprends encore davantage. Il n’est pas uniquement revendeur de skateboards mais aussi champion régional de la discipline. Il a déjà monté deux sociétés auparavant, dont une de vente en ligne. Avant de monter son propre restaurant, il a travaillé pendant 5 ans chez un célèbre chef étoilé. Mais mon client ne veut plus être associé à la cuisine traditionnelle.

Me voilà bien, avec toutes ces informations. Heureusement, mon client va m’aider, il a déjà bien réfléchi de son côté. Il a une idée très arrêtée de l’arborescence de son site. En général il a reproduit celle d’un concurrent qui marche bien. Il sait aussi ce qu’il veut mettre en avant : tout. Et son logo, il faudra qu’on le voie bien. Au final, le travail est presque déjà fait, ça ne devrait pas être bien compliqué.

L’affaire est dans le sac

Sauf que, clairement, pour l’instant, tout ça ne ressemble encore à rien. Le contenu de ce grand sac versé en vrac sur la table n’est pas et ne sera jamais votre communication.

Votre internaute ou le destinataire de votre plaquette n’y consacrera que rarement plus de quelques instants. C’est un peu dommage, je le reconnais, mais c’est ainsi. Il va donc falloir que nous décidions ensemble de ce que vous souhaitez que votre cible comprenne de votre activité si elle ne devait retenir qu’une seule chose. Et si votre internaute était en mesure de comprendre deux choses ? Puis trois ? Peu à peu, vous verrez, nous y arriverons.

Les vertus du candide

Bref, ce premier tri est une base indispensable à la suite du travail à réaliser. Cette étape constitue également une prise de recul positive pour le client lui-même. Voilà des années qu’il connaît son métier, son secteur, les acteurs de son marché, son jargon… Longtemps également qu’il mûrit son projet de création d’entreprise ou de restructuration. Il fonctionne beaucoup par habitudes, par réflexes. Répondre à des questions quelquefois naïves, aborder les choses sous un angle nouveau et avec l’aide d’un regard extérieur lui est le plus souvent bénéfique.

À l’inverse, certains, sans en avoir conscience, font l’impasse sur ce processus. À l’image de ce directeur d’hôtel qui tenait absolument à ce que son site soit confié à un prestataire ne réalisant exclusivement que des sites internet hôteliers. Nombre de clients se sentent rassurés par ce type d’approche, malheureusement contre-productive. Au final, sans grande surprise, le site de cet hôtel fut une terrible déception, sur le fond comme sur la forme. Il n’y a jamais grand chose à espérer des processus réalisés à la chaîne, de façon mécanique, sans recul ni réflexion, sans adaptation à votre cas spécifique.

J’en conviens, cette tentative de définition dépasse quelque peu les attributions historiques du graphiste. Lorsqu’il travaille en agence, toutes ces informations ainsi que les angles stratégiques du projet ont déjà été définis en amont avant de lui confier le dossier. Mais dès lors qu’il exerce en indépendant, il lui faut faire preuve d’un champ de compétences plus large, d’une approche plus globale. L’expérience montre que tous n’en sont pas capables. Mais vous devriez vous en rendre compte assez rapidement. Votre interlocuteur vous pose-t-il des questions sur votre activité, sur vos motivations, sur vos attentes ? A-t-il des suggestions à vous faire ? Si c’est le cas, c’est plutôt bon signe.

Ah, enfin du graphisme !

Puis vient enfin le temps de l’organisation visuelle d’un document à proprement parler. Carte de visite, page web ou plaquette, le processus est finalement encore et toujours du même ordre : trier, sélectionner, savoir éliminer aussi, hiérarchiser. Sauf cas très exceptionnel, toutes les informations ne peuvent pas, ne doivent pas être organisées sur un même plan.

Un peu comme en musique, il va falloir créer des rythmes, des temps forts mais aussi des silences et quelques plages de calme. Contrairement à ce que pensent certains, une information n’est pas forcément moins visible en étant plus petite. L’important est plutôt quelle arrive au bon moment et de la bonne manière, de façon cohérente avec les éléments qui l’entourent.

Quant au client qui réclame toujours que son logo soit “plus gros” (non, vous ne serez pas exactement le premier à formuler cette demande), il est un peu comme un tambour débutant au sein d’un orchestre philharmonique. Patience, dans quelques temps il devrait finir par trouver sa place de manière plus juste et plus fine. Il n’aura plus peur de ne pas être entendu.

Un petit secret enfin révélé

Une fois cette hiérarchisation effectuée sur le plan visuel, alors que les différents éléments ont trouvé leur place sur une grille proprement construite, on peut (enfin) commencer à apporter une dimension esthétique. Jouer avec les couleurs, les textures, les polices de caractères, ou au contraire viser la sobriété. Mais ceci n’est finalement que la dernière étape, le petit plus, la cerise sur le gâteau. Lorsque la base est solide, on peut tout se permettre, ou presque.

Voilà sans doute ce qui distingue le plus les réalisations improvisées de celles d’un professionnel expérimenté. Le petit neveu, l’assistante, la secrétaire, voire le stagiaire en communication qui passait par là, tous commencent de façon quasi systématique par la fin. On joue sur les couleurs, les polices, les effets, les filets, les ombres, les textures… un vrai festival de fioritures qui dissimule mal, très mal, un manque de véritable structure, de réflexion et de maîtrise de quelques règles de base. Nous voilà avec la cerise, mais sans le gâteau. Dommage.

À ceux qui doutent encore : si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, ce serait celle-ci. La façon hasardeuse dont certains traitent leur communication se repère à des kilomètres. Certes, les remarques ne viendront que rarement de l’intérieur d’une structure, ni même de ses clients habituels. Pourtant, ce logo “dessiné par un ami”, ce site internet confié à un stagiaire, ce document Word qui fait office de plaquette, tout ceci projette une image désastreuse sur des clients… qu’on ne rencontrera probablement jamais. Reconnaissez qu’il ne vous viendrait pas à l’idée d’accueillir vos prospects dans le plus simple appareil. Alors, rendez-vous service : habillez aussi votre image. Il ne s’agit là ni d’un luxe ni d’un gadget, mais au contraire d’une condition sine qua non de votre crédibilité et d’un atout réel pour votre développement.

Un être contrariant mais attachant

Alors que certains ont parfois tendance à l’oublier, le rôle fondamental du graphiste est de produire des documents plus rigoureux que ceux que l’on voit encore trop souvent circuler, y compris au sein d’entreprises et autres administrations. À cet effet, avant même de penser esthétique, le graphiste vous parlera règles, normes et contraintes. Ce en quoi il aura régulièrement tendance à aller à l’encontre de certains de vos réflexes habituels et de quelques idées reçues.

Ainsi, il lui faudra parfois vous annoncer impitoyablement qu’en français, l’abréviation de “monsieur” n’est pas “Mr”. Que ce que vous preniez pour des guillemets ou des apostrophes depuis tant d’années n’en étaient pas. Que les noms de jour et de mois ne prennent pas de majuscule en France. Qu’il n’est pas en mesure de réaliser quatre logos en une heure, alors que vous, vous y parvenez haut la main. Que mettre enfin des accents sur vos capitales serait peut-être une bonne idée. Il vous expliquera scientifiquement pourquoi écrire une phrase en lettres capitales ne rend pas celle-ci plus accessible, bien au contraire. Il vous révèlera que ce qui est écrit “noir sur blanc” n’est finalement pas ce qui est le plus lisible au monde. Il vous dira pourquoi une carte de visite n’est pas plus simple à composer au prétexte que son format est réduit.

Pour autant, le graphiste n’est pas (forcément) animé par de viles pulsions cruelles. La plupart du temps, il veut même votre bien. Il met tout en œuvre pour que votre site internet, votre plaquette ou vos catalogues reflètent la meilleure image possible de vous. En vous préservant des erreurs commises chaque jour sans vergogne par… des concurrents dont vous souhaitez vous démarquer.

Les outils magiques

S’il est une croyance tenace, c’est bien celle-ci. Le graphiste serait doté d’outils et de technologies magiques, dont l’existence serait savamment tenue secrète, et qui lui permettraient de réaliser de véritables prouesses en l’espace d’un instant. Régulièrement certains de mes clients les plus proches me contactent pour une petite question “technique”. Comment faire pour récupérer en quelques clics tous les textes de leur site internet ? Comment transformer une petite image trouvée sur la toile en poster géant ? Comment obtenir facilement la version vectorielle du logo dont ils ont la photo ? Entre ce qui est impossible et ce qui demande du travail, ma réponse s’avère souvent terriblement décevante. Et je sens bien que parfois certains en viennent même à douter secrètement de mes compétences réelles.

Ici, il faut reconnaître que certains graphistes eux-mêmes portent une part de responsabilité dans ce malentendu. Nous connaissons tous ces petites séquences qui montrent en accéléré des réalisations complexes ou autres retouches spectaculaires. Un travail de longue haleine, réalisé par un expert chevronné, devient un petit montage très rythmé d’une minute, parfois moins. Un petit moment de frime cool et la garantie d’un “effet waouh !” à tous les coups. Si l’accélération du processus est clairement évidente au visionnage, celle-ci conserve tout de même l’effet pervers de ne pas rendre compte de la durée réelle du travail effectué. Cette réalisation a-t-elle pris une heure de temps, cinq ou bien vingt ? Ce qui est retenu de ces petites séquences, c’est que tout ça est rapide, facile et que décidément, ces logiciels sont fascinants. Notons également que ce genre de séquence a en général été préparé à l’avance ; il passe sous silence le temps de recherche, d’hésitation, de repentirs, inhérent à toute réalisation graphique. Ce que notre spectateur émerveillé ignore, c’est que s’il avait dû assister à l’ensemble du travail, en temps réel, il aurait surtout été saisi d’un ennui mortel.

Au risque de briser bien des fantasmes, sachez également que, contrairement à ce que montrent bon nombre de séries policières, il ne suffit pas d’appuyer sur un petit bouton vert pour qu’une image floue devienne nette. Ce qui complique sérieusement la vie des graphistes et a dû laisser pas mal de serial killers non identifiés battre la campagne.

Attention, faille spatio-temporelle !

Autre malentendu courant : croire qu’un graphiste, doté de son ordinateur, de ses logiciels et de tous ses super-pouvoirs, va effectuer beaucoup plus rapidement et facilement certaines tâches auxquelles vous vous êtes déjà frotté vous-même. La réalité, décevante, est exactement inverse. Il vous a fallu 24 heures pour réaliser la “plaquette” que vous utilisiez jusqu’à présent : lui aura besoin de plusieurs jours. Vous avez conçu votre page web en un week-end ? Il lui faudra peut-être plusieurs semaines. Votre graphiste serait-il du genre feignant ? Pas forcément.

Le fait est que son travail consiste à prêter attention et consacrer du temps à mille petits détails dont vous ignorez probablement l’existence. Avant même de poser le premier texte ou la moindre image, il construira une grille qui servira de base à sa mise en page. Il testera de nombreuses polices de caractères pour au final en retenir (beaucoup) moins que vous ne l’auriez fait. Il ne se contentera pas d’aller “emprunter” quelques clip-arts ici et là sur internet pour illustrer votre document mais réalisera au contraire vos pictogrammes sur-mesure et en vectoriel. Ce qui d’une part vous évitera quelques soucis juridiques, mais assurera également une meilleure cohérence graphique à vos supports de communication. Il veillera à l’équilibre visuel de vos textes (ce qu’on appelle le “gris typographique”) en intervenant sur le corps et la graisse des caractères, la largeur des colonnes, sur l’interlignage de vos paragraphes ou encore “l’approche” de vos lettres.

Un commerçant dans le pétrin

De manière générale, il faut se méfier comme de la peste des visions réductrices qu’on a souvent des métiers que l’on connaît peu. À titre d’exemple, comment nous représentons-nous généralement le travail d’un comptable ? Reconnaissons-le modestement, pour beaucoup, un comptable passe le plus clair de son temps à faire des additions et des soustractions. Guère passionnant a priori, mais sans doute pas bien sorcier non plus. Maintenant, examinons de plus près, de façon concrète, ce que fait réellement un comptable au quotidien. Nous verrons vite qu’il passe une grande partie de ses journées plongé dans des textes juridiques et autres réglementations complexes en perpétuelle évolution. Un vrai casse-tête !

De même, le boulanger ne consacre pas l’essentiel de ses journées à pétrir de la pâte, l’hôtelier ne se contente pas de faire des lits au carré du matin jusqu’au soir, savoir cuisiner n’est pas la seule compétence à maîtriser pour faire vivre un restaurant.

Au final, vous l’aurez compris au travers de ces quelques exemples, pour votre graphiste, le travail ne sera ni plus simple ni plus rapide que pour vous. Il lui faudra au contraire accomplir un ensemble de tâches qui vous sembleraient sans doute bien abstraites et fastidieuses, pour parvenir à un résultat professionnel. Et s’il s’agit de création internet, comme nous l’avons vu ici, 90 % du travail – lorsqu’il est correctement effectué – est tout simplement invisible.

Mais l’essentiel n’est pas là. Ce qui importe vraiment, c’est le bénéfice que vous pouvez en attendre. Car heureusement, tous ces “petits détails” mis bout à bout vous emmènent loin des terres arides de la communication bricolée. Ce qui est non seulement une politesse que vous devez à vos clients, mais aussi le moyen efficace de vous distinguer de votre concurrence.