Créer
un site web gratuit

Combien coûte (vraiment) un site internet ?

Ce matin, Nathalie, experte nutritionniste, a entendu parler du lancement du site internet de Frédéric Leblanc, homme politique très médiatique, pour un budget de 600 000 euros. Et voilà que ce soir, Nathalie se voit proposer – à grand renfort de spots publicitaires – de créer son site gratuitement, en deux clics.

Un message reçu 5/5

Ça tombe bien, Nathalie est justement en train de monter son épicerie bio, projet qu’elle mûrit depuis 3 ans déjà. Elle sait qu’un site internet pourrait l’aider à se faire connaître et à développer son activité. Elle pourrait même envisager de vendre ses produits en ligne et mettre toutes les chances de son côté. Mais les budgets dont elle a entendu parler ont vite fait de la refroidir. Son installation lui coûte déjà assez cher comme ça. Surtout qu’elle ne sait pas encore exactement quand sa boutique sera rentable. Alors oui, sans grande difficulté, c’est plutôt la promesse d’un site gratuit qui s’est gravée dans l’esprit de Nathalie. Voilà peut-être la solution miracle.

Ces publicités, tout le monde les connaît. Je reçois moi-même ce genre de spam quasiment tous les jours. Naturellement, je les regarde avec un peu plus de circonspection que Nathalie. Je commence par me dire qu’aucun site internet ne se fait en deux clics, pas plus qu’en trois. Il en faut déjà davantage pour traiter un simple email. Comment accorder ma confiance à une offre qui commence par me mentir dès le premier instant ?

Les promesses de l’ombre

Passons outre cette première (mauvaise) impression et allons plus loin dans nos recherches. Les promesses avancées ont chacune leurs petites nuances mais toutes sont du même ordre sur le fond. Ici, mon site serait gratuit. Là, il ne me coûterait que le prix d’un café par jour ou par semaine. Ailleurs encore, c’est plus sérieux : 20 euros par mois suffiraient. Bref, tout ça semble assez séduisant à première vue.

En y regardant de plus près, nous constatons vite que ce qui paraissait “gratuit” ne l’est pas vraiment. Pour un site de ce type, sans achat optionnel, je dois subir la présence de publicités sur l’espace que je pensais dédier à la promotion de ma propre activité. Voilà qui nuira considérablement à mon image comme à mon message. Par ailleurs, l’adresse de mon site sera du type www.super-site-gratuit.com/ma-boutique-bio. Là encore, je fais de la publicité pour Super Site Gratuit et non pour mon activité, ça me contrarie.

Allez, ne soyons pas pingres, payons donc les quelques euros mensuels demandés par ces bienfaiteurs de l’humanité pour se débarrasser de toutes ces contraintes. Après tout, ça n’engage pas à grand chose.

Au final, que j’aie accepté de payer d’emblée une somme modique ou que mon choix se soit porté sur la version gratuite avec options, je me retrouve dans le même cas de figure : je paie une somme apparemment raisonnable, ceci de façon régulière. Sans m’en apercevoir, j’ai pris un abonnement. Il ne me reste plus qu’à y consacrer mes prochains week-ends et le tour sera joué… À ce stade, notre amie Nathalie estimerait sans doute encore s’en être tirée à bon compte.

Gratuit, un ami qui vous veut du bien ?

Prenons un peu de recul. Soit les sociétés qui proposent ce type de services sont purement philanthropiques, soit elles reposent sur un modèle économique bien défini. Ce qui alerte, c’est qu’elles font de leur mieux pour le dissimuler. La vérité est finalement assez simple : ce que vous vendent ces sociétés, c’est de l’hébergement et du nom de domaine, ceci à un tarif “gonflé” (dans tous les sens du terme). Admettons que vous conserviez un tel site pendant quelques années, vous aurez au final payé ces prestations bien plus cher que les tarifs habituels. Dans tous les cas, un coût très excessif pour un site médiocre sur le fond comme sur la forme et donc mal référencé. Bref, un support qui renvoie une très mauvaise image de vous. Avec la différence de budget, vous auriez pu bénéficier d’un travail professionnel et personnalisé, infiniment plus performant, avoir une vraie démarche de communication, être réellement titulaire de votre nom de domaine, de vos comptes emails, etc.

Plus gênant, ces sociétés tirent en réalité parti de l’ignorance de leurs clients en la matière. Le public visé n’étant pas spécialiste du monde du web, mais plutôt “simple internaute”, celui-ci n’est guère en mesure de comparer le résultat qu’il obtient avec celui d’une réalisation professionnelle. Il se fie uniquement à ce qu’il voit, et on le comprend. Pour peu que son site soit agréable à l’œil, il s’estime satisfait. Si seulement il pouvait se douter…

Que Nathalie n’ait pas honte d’y avoir songé : elle est loin d’être la seule. La période est à la réduction des coûts tous azimuts, parfois au détriment de l’essentiel, et la promesse de gratuité séduira toujours les plus naïfs… mais à quel prix ? Croisons les doigts pour Nathalie et souhaitons-lui de tomber sur ces quelques lignes.

Demander un devis, ça fait mal ?

Je reçois de temps à autres des demandes d’un type un peu particulier par email. “Bonjour, je souhaite réaliser un site internet, merci de bien vouloir m’adresser un devis. Cordialement.” Le caractère systématiquement anonyme de ce genre de messages indique que, tout au fond d’eux-mêmes, leurs expéditeurs doivent confusément sentir que quelque chose cloche dans leur démarche. En effet, la question n’a pas plus de sens que de demander “le prix d’une voiture” dans l’absolu ou “combien coûte une maison ?”.

J’ai beau inviter ce type d’interlocuteur à échanger autour de son projet, il n’y a rien à faire. Quelqu’un aura mis monsieur X au parfum : les graphistes sont de redoutables commerciaux. Adressez-leur la parole un instant et vous voilà aussitôt pris dans la spirale infernale du surendettement.

Notons tout de même que certains prestataires se risquent à fournir ce genre de tarifs forfaitaires. Cela reste très rare, mais je l’ai déjà rencontré. Si cela vous arrive un jour, un seul conseil : courez, fuyez. Des grilles tarifaires fixes ou forfaitaires indiquent que vos besoins spécifiques ne seront pas pris en compte. À l’inverse, en ce qui me concerne, même avec la meilleure bonne volonté du monde, je serais bien en peine d’annoncer le tarif d’une prestation dont je ne connais pas la nature exacte.

Un site internet n’est pas un baril de lessive. Il ne s’agit pas d’un produit global, normé et standardisé. Il est au contraire la somme d’un certain nombre d’étapes cruciales à effectuer en étroite collaboration avec vous. Définition de votre cible, réflexion sur l’arborescence à mettre en place, choix de la technologie à utiliser, design graphique, rédactionnels, développement, ou encore optimisation pour le référencement sont autant de phases indispensables à l’aboutissement de votre projet. Faites l’impasse sur une seule de ces étapes et vous aurez manqué votre objectif de départ.

Moins cher, c’est plus cher

Voilà pourquoi le seul coût d’un site internet est loin d’être l’unique paramètre à prendre en compte. Un site médiocre s’avère au final une simple perte de temps et d’argent. Non seulement il ne vous apportera que peu de retombées positives, mais il nuira à votre image. Certains prestataires ont vite compris qu’il y avait là une niche commerciale et se sont lancés dans la conception de sites low-cost. Pour arriver à ce résultat, il n’y a pas de grand mystère ; plusieurs étapes sont négligées voire purement et simplement zappées lors de la conception. N’espérez pas de miracle.

Enfin une lueur d’espoir

Alors un site internet, c’est forcément très cher ? Un site important, comptant de nombreuses pages et des fonctionnalités complexes à mettre en place demandera des compétences solides ainsi qu’un long travail de développement. Très logiquement, les coûts s’en ressentent.

La bonne nouvelle, c’est que ce coût reste très modulable, ce qui marche dans un sens fonctionne aussi dans l’autre. Logique, non ? Vous avez un petit budget pour démarrer ? Ce n’est pas véritablement un problème. Abordez tout simplement la question avec votre prestataire. Vous pouvez par exemple envisager la création d’un site de taille modeste, susceptible de s’étoffer avec le temps. L’essentiel est que les bases qui sont posées soient saines et de qualité. Mieux vaudra une page intelligemment pensée, bien réalisée, dans le respect des normes techniques mais aussi des usages des internautes, plutôt qu’un ensemble de six ou quinze pages mal ficelées.

Collectionneur de devis, un métier d’avenir ?

Inutile donc de multiplier les demandes de devis en espérant trouver toujours moins cher ailleurs. Car oui, effectivement, vous trouverez toujours un prestataire moins cher que le précédent. Mais le résultat que vous obtiendrez au final sera-t-il réellement à la hauteur ? L’expérience indique que ce type de démarche mène de façon quasi systématique aux deux mêmes écueils.

Certains, en perpétuelle recherche de tarifs “plus avantageux”, finissent généralement par… ne rien faire du tout ! À force de demander (et de trouver) des tarifs sans cesse plus bas, ils perdent peu à peu le sens des réalités et ne comprennent même plus pourquoi ils devraient payer quoi que ce soit. De plus, le temps et l’énergie qu’ils auraient dû consacrer au développement de leur propre activité, ils les auront finalement perdus ailleurs. C’est un peu la double peine.

Quant aux autres, leur quête les mène au pire choix possible. Les sirènes du low-cost auront eu raison d’eux, avec les conséquences désastreuses que l’on sait. À leur décharge, il faut admettre que quand on n’y connaît pas grand chose, il semble bien plus simple de se contenter de comparer deux tarifs plutôt que les qualités respectives de deux offres. Mais est-ce vraiment une bonne raison de faire l’impasse sur l’essentiel ? Pourquoi ne pas commencer par se renseigner, tout simplement ?

Pour ne pas entrer dans ce cercle infernal, concentrez-vous donc sur un nombre restreint de prestataires, disons trois, ce qui est déjà bien. Vous les aurez retenus pour la qualité de leur travail, mais aussi pour la confiance qu’ils vous inspirent, et arrêtez votre choix parmi ceux-ci !

La (vraie) question à vous poser

Un site internet n’est pas une fin en soi. Il ne s’agit pas d’un passage obligé, à l’image d’une corvée dont on devrait se débarrasser. Si vous n’avez pas de stratégie, pas de message, pas d’envie, pas de cible, bref, pas d’intention ni de démarche, votre site ne sera qu’une dépense inutile pour vous. Laissez tomber l’idée et partez cueillir des champignons, ça sera plus sympa.

Mais si au contraire vous avez conscience des enjeux que ce projet représente pour vous, vous comprendrez que la vraie question à vous poser n’est pas uniquement “combien me coûtera mon site internet ?”, mais avant tout ce que vous désirez qu’il vous apporte. Les retours de mes clients montrent que leur démarche en communication leur a apporté, selon les cas, une nouvelle clientèle, une augmentation sensible de leur chiffre d’affaire, une notoriété accrue ou encore une crédibilité immédiate dans le cas d’une création d’activité.

Vous concentrer sur ces objectifs sera plus positif et pertinent, ce qui vous mènera infiniment plus loin dans votre projet.

Et concrètement, ça donne quoi ?

En matière de création de site, on peut considérer que l’unité de base servant au calcul de votre budget sera le millier d’euros. Ensuite, selon votre cahier des charges, un site pourra coûter autour de 2 000, 4 000, 5 000 euros… il n’y a pas vraiment de limite, puisque tout est logiquement fonction de l’ampleur de la tâche. Les réalisations les plus lourdes peuvent même atteindre des budgets compris entre 50 000 et 100 000 euros, mais si vous lisez ces lignes, ceci ne devrait pas vous concerner (vous pouvez reprendre votre souffle).

Tout dépend de votre besoin et du travail que cela implique, il s’agit donc de ne pas se tromper au moment de définir votre projet. Votre prestataire doit pouvoir vous aider et vous conseiller sur ce point.

Cet ordre de grandeur, même s’il n’est qu’indicatif, est important à retenir. En effet, certains imaginent se doter d’un site pour un budget de seulement quelques centaines d’euros. Et devinez quoi ? Ils y parviennent ! Mais comme expliqué plus haut, le résultat est par définition très loin de ce qu’on est en droit d’attendre d’un site internet. Une somme perdue, même modique, reste une somme perdue.

Enfin, comme nous l’avons vu ici, le choix du type de prestataire que vous retiendrez aura également un impact important sur le tarif de votre site. À titre d’exemple, entre un freelance et une agence, les tarifs vont généralement du simple au double. Ceci est notamment dû à des frais de fonctionnement différents. Il ne vous reste plus qu’à faire votre choix, selon vos critères.